Les plus perspicaces d'entre-vous auront compris qu'il y a eu de la friture sur le Vieux port de Marseille à l'occasion des scrutins internes du
Mouvement Démocrate en septembre.
Je ne reviendrai pas sur ces évènements qui ont déjà été relatés sur quelques blogs.
Dans la mesure où une plainte a été déposée par une des victimes, ce sera à la justice de la République de se prononcer sur ces évènements qui mettent en cause un des cadres du MoDem.
Non, je voudrais simplement revenir sur le traitement exemplaire de ces évènements par les instances dirigeantes du MoDem.
Car cette pénible histoire met à la lumière crue de nos yeux ébahis une terrible carence dans le fonctionnement interne de la maison MoDem. Singulière
aphonie que les esprits les plus bienveillants pourraient mettre sur le compte de la méconnaissance du chef par rapport à ce qui se passe chez lui.
Que nenni ! Le berger démocrate aura su dès les premiers jours ce qui s'était passé.
Aura-t-il seulement mesuré la gravité de ces violences et leurs conséquences sur l'ensemble de sa boutique ?
Le Modem, dont j'ai approuvé les chartes éthique et des valeurs au Congrès de Villepinte est un mouvement politique qui fait référence à une éthique très
noble pour faire de la politique autrement. Nous sommes nombreux à avoir adhéré à ces valeurs tant elles nous paraissaient le b-a-ba de l'engagement militant.
Et voilà, alors qu'intervient un dérapage dans les eaux troubles du Vieux Port, que le MoDem s'est mis aux abonnés absents. Le berger depuis un mois a
subtilement esquivé toutes les demandes de faire la lumière sur ces faits. Je ne m'érige pas en juge, pourtant j'aurais souhaité que le MoDem ait le courage de faire la lumière sur ces faits en
portant l'affaire devant le CCC. Mais comble de pas de chance, l'auteur des violences est un des membres du CCC !!!
Après moult efforts de la conseillère nationale de la région PACA qui a été saisie par les deux victimes pour faire inscrire à l'ordre du jour du Conseil
national du 26 octobre l'examen des faits intervenus dans la Fédération des Bouches-du-Rhône, le siège a reçu la demande.
Cette démarche de saisine du Conseil National est en totale conformité avec les statuts du Modem (article 9-1 alinéa 6). Je n'ai donc pas hésité à apporter personnellement mon soutien à cette
demande de saisine du Conseil National. Résultat : au final je constate une fin de non recevoir par le patron du MoDem. L'examen des évènements
n'aura pas été inscrit au menu du 26 octobre.
C'est cette attitude autiste qui m'amène à me poser de sérieuses questions sur le management de ce mouvement.Au début, il y a un mois, je m'étais dit que le boss cherchait à couvrir un de ses
proches en faisant l'autruche.
Ensuite, j'ai compris les enjeux qu'aurait le berger à ne pas réagir. Il n'y a pas de malveillance gratuite dans ce que je vais exprimer ci-après mais je l'avoue le fond de l'histoire serait
vraiment abracadantestesque !
A chacun de se forger son opinion.
Monsieur Bayrou avait dans l'idée de faire de la première Conférence Nationale une tribune médiatique. L'angle de tir, parler de la crise financière
était parfaitement calibré. Alors, imaginer que des galéjades marseillaises pourraient gripper le plan médias, c'est sûr qu'on y réfléchi à deux fois.
Les principes, les valeurs ne sont rien en comparaison d'un titre en ouverture du 20 Heures.
Alors tout a été fait pour lisser l'ambiance. Les amendements aux statuts que les représentants à la Conférence Nationale avaient reçus pour les
approuver le cas échéant ont été soigneusement retirés de l'ordre du jour. Je reprends les propos de François Bayrou qui a annoncé qu'ils ont été retirés pour
ne pas susciter de débats et surtout qu'ils auraient pu laisser penser qu'il y avait des manoeuvres.
Quel superbe courage ! C'est sûr que si on élude toutes les questions qui fâchent, il n' y a plus de problèmes. Silence donc dans les rangs.
Le berger n'attendrait-il donc uniquement de ses adhérents qu'ils se tiennent à carreau et fassent la claque devant les caméras ?
Alors que dès demain, tous vont s'accorder à trouver que cette Conférence a été une grande réussite, ce que je ne conteste pas tant certaines interventions
ont été de haute volée, je vais revenir sur quelques instantanés qui peuvent donner à réfléchir.
Les quelques 1800 personnes présentes dans la salle ont pu assister à un remarquable exercice de travaux pratiques de démocratie interne à l'occasion du
vote des amendements. Un des amendements a recueilli des votes qui n'ont pas eu l'heur de plaire au boss. Il s'en est alors offusqué. En gros ça s'est passé comme ça : J'annule le vote, je vous
explique et vous revotez... C'était-y pas beau ?
Qu'on ne vienne plus après ça critiquer le Président de la République qui voulait faire revoter le peuple irlandais !
Le décomptes des voix est toujours un grand moment avec Monsieur Bayrou qui décompte plus vite que son ombre ! Un peu le remake de Villepinte. Cette fois, pourtant un progrès notable a été
accompli. Les OUI étaient en orange, les NON en bleu, les ABSTENTION en blanc !
Pour conclure, car il faut tirer des leçons de tout.
Pour ma part, dès ce lundi 27, ma petite lettre de démission partira au siège en accusé réception.
Beaucoup d'amis Démocrates m'ont dit :
« Reste Thierry pour faire le poil à gratter à l'intérieur, essayer de secouer la tehnostructure MoDem, ne pas leur laisser le champ libre, etc »
Mes amis ont probablement raison. Ils sont courageux d'y croire encore. J'observerai si leur efforts s'avèrent payants à terme. Je répondrai à mes amis que mon départ n'est pas la résultante d'un
coup de tête. Il intervient à la suite d'un long cheminement où les couleuvres n'ont pas manqué. Et puis surtout il n'y a pas que le MoDem dans la cité pour faire de la politique autrement...
Et surtout pas à la marseillaise !
Finalement, cette galéjade de n'avoir pas osé affronter un réel problème qui touche aux fondamentaux du MoDem ne lasse pas de me faire douter de la capacité du berger à diriger le pays. Comment pourrait-il s'afficher au nom de valeurs hautement revendiquées si la moindre sardine dans le Vieux Port le
laisse sans réaction ?
Je vous ai fait grâce des questions suivantes :
- Le MoDem ne peut pas se permettre de sanctionner un de ses élus. Il en a trop besoin. Dans ce cas, bénéficieraient-ils de facto d'une impunité totale ?
- Le tropisme méridional est-il une façon de faire de la politique autrement ? Triste tropisme.
- Les valeurs et l'éthique doit-elle être mise sous le boisseau dans l'engagement militant ?
- Le berger aurait peut-être entendu un autre son de cloche en provenance de ND de La Garde. Auquel cas, pourquoi ne pas avoir tout mis sur le tapis pour examiner ces évènements en toute
impartialité ?
Bien démocratiquement,
Thierry P.
En post scriptum voici les très beaux mots de Jean Lassalle que j'ai cru entendre à la Conférence Nationale du 26 octobre :
« Il nous faut redonner de nouveau l'exemple »
Dont acte...
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