Lundi 8 septembre 2008
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Oui, je sais, voilà un titre qui provocateur et l'on va encore me reprocher de chercher
des noises au parti.
Oh que non !
Car c'est bien dans un souci de cohérence que je m'interroge ainsi.
Hier, clôture des universités d'été du Modem et brillant exercice de rhétorique de François Bayrou.
Comme d'ordinaire, mes idées trouvent un relais dans l'expression du Président du Mouvement démocrate. Hélas, je n'arrive plus à croire béatement que les mots induisent les actes et mon esprit
entraîné à la déception cherche aussitôt la faille ou la faiblesse du raisonnement et de la posture.
Faisant face au vide laissé par le PS, Bayrou se positionne aujourd'hui en véritable (et seul ?) opposant crédible à la majorité sarkozienne. Les sondages d'opinion l'encouragent en ce sens et la
presse le décrit déjà, à 4 ans de l'échéance, en présidentiable. De fait, c'est déjà la future campagne pour l'Elysée qui semble commencer dans les média.
Je ne nierai pas ma satisfaction en ce qui concerne la main tendue de Bayrou vers le PS, en tout cas vers certains de ses leaders. Il m'a toujours paru évident que nos valeurs et nos aspirations
pour la société française se rapprochaient davantage de certains socialistes que des ténors UMPistes et de leur libéralisme plus sauvage que décomplexé.
Cependant, la main tendue pourrait bien être un baiser de Judas, puisqu'il est certain que Bayrou ne souhaite pas être le "second" mais bien le "premier" homme de la nation. Aussi, cet appel du
pied aux forces socialistes viserait plutôt à déclencher dans les rangs de ce dernier une force centrifuge ayant pour point de ralliement la personne du béarnais.
Le calcul est habile car le PS est bien fragilisé entre ses querelles d'éléphants et un clivage criant entre sa frange gauche et son bord social-démocrate. Comme je le disais dans un
précédant billet, il est néanmoins trop tôt pour faire des plans fiables sur la comète avant le prochain congrès socialiste.
Ce qui m'interroge davantage que cette recherche d'alliés sur la gauche, c'est sa contradiction avec la réalité que le porte-parole du gouvernement décrit ainsi : "Le Modem est un parti
structurellement de droite".
Effectivement, l'ensemble des instances du Parti dans leur grande majorité est composé de personnalités ancrées depuis des lustres sur la droite de l'échiquier politique. L'idée même que Bernard
Lehideux puisse un jour travailler en bonne intelligence avec des leaders du PS qu'il a combattus durant des années me semble ubuesque.
Toute la structure du Mouvement démocrate est aux mains de personnalités historiquement alliées à la droite et la détestation de Bayrou envers le président de la république ne détruit en rien les
points de convergence "naturels" qui perdurent entre les hommes des deux familles politiques.
Dans ce contexte étrangement schizophrène, comment fonder des relations pérennes avec la gauche ?
A moins de rééquilibrer le rapport de forces en interne et de permettre à une "nouvelle génération" de cadres d'émerger lors des prochaines élections départementales, je ne vois pas bien comment
Bayrou pourrait être libre et crédible dans sa démarche annoncée.
Malgré de tonitruants départs, nous avons déjà vu combien ses "amis" influencent la marche du Modem et avec quel bonheur ils permettent la clarification du positionnement de notre parti lors des
échéances électorales !
En l'occurrence, le 27 septembre serait la dernière occasion de faire mentir Luc Chatel et de faire de notre mouvement un parti STRUCTURELLEMENT "démocrate" et non "centre droit".
M'est avis que cela ne sera pas simple compte tenu des sombres luttes constatées dans nos départements.
mouvement démocrate
Par Hypos
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